Category: Livres,Folio,Auteurs de A à Z
La Débâcle Details
La Débâcle : Sedan, l'effondrement de la France impériale, frivole et corrompue, devant «l'esprit scientifique» de l'Allemagne et l'implacable mécanique de ses armées. La défaite, le siège de Paris, le brasier de la Commune, «l'exécrable semaine» de la répression versaillaise. Reportage militaire d'une scrupuleuse exactitude, fresque de deuil, de souffrance et de sang, le roman est aussi l'analyse de la déchirure qui est au c?ur de la conscience collective des Français et que juin 40 fera revivre : «La Débâcle, écrit Raoul Girardet, est un de ces documents privilégiés en dehors desquels l'histoire morale de la France contemporaine ne saurait et ne pourrait être écrite.»

Reviews
Avant-dernier tome des Rougon-Macquart, « La débâcle » est le récit des quelques mois qui scellent la défaite française face à l??Allemagne, en 1870.Il n??y a aucun suspense sur l??issue du roman : Zola énumère dès les premières pages tout ce qui explique l??issue du conflit. D??un côté, la Prusse à la tête des états allemands, un empire rajeuni en formation, et une nation disciplinée dotée d??une armée moderne, renforcée par le service militaire obligatoire. De l??autre, la France aveuglée par ses anciens succès napoléoniens, dirigée par un empereur finissant et des généraux « stupides » incapables de renouveler son armée.Zola place donc ses personnages au c?ur de cette agonie, des batailles de Sedan et Bazeilles au brasier final de la commune. Nous retrouvons Jean Macquart, paysan transparent de « La Terre », devenu le symbole de la France humble et sérieuse sur laquelle s??appuiera la reconstruction. Il accompagne Maurice Levasseur, l??intellectuel de son escouade, son protégé.Il n??y a rien à attendre des chefs militaires, à l??image de ce général de brigade, « très braillard comme à l??ordinaire, roulant son gros corps sur ses courtes jambes, avec son teint fleuri de bon vivant que son peu de cervelle ne gênait point. » Alors ces hommes errent, une fois leur régiment perdu, détachés de cette « armée de la désespérance ». Ils dérivent de Sedan assiégé à la ferme du père Fouchard, profiteur égoïste des années sombres qui préfigure le collaborateur des années 40, puis à Paris assiégé.Zola s??attarde à plusieurs reprises sur l??empereur, presque avec compassion. Trahi par l??impératrice, incapable de diriger son armée, il semble à l??article de la mort, comme son empire : « c??était une apparition de face cadavéreuse, les yeux éteints, les traits décomposés, les moustaches blêmies, dans cette angoisse dernière ».« La débâcle » est un grand livre de guerre, et il est difficile de ne pas voir dans ce récit les prémices de la Grande Guerre. C??est même un grand livre d??après la guerre, où règnent la faim, la honte et les pillages. Plus long et moins rythmé que les précédents, il est en cela parfaitement en phase avec son sujet.En pleine possession de son talent littéraire, Zola exprime son réalisme puissant dans la description des blessures et des agonies, et saisit les instants terribles comme le silence qui termine la journée de combat : « Alors, du vacarme assourdissant, de l??exécrable tonnerre qui grondait depuis le lever du soleil, rien ne demeura, qu??un néant de mort. La nuit venait, tombait à un lugubre, un effrayant silence ».La vision finale de Paris embrasé sous « un ciel fauve » est un véritable tableau de peintre.« La débâcle » clôt le volet historique de la série. Les personnages s??effacent d??ailleurs devant l??Histoire, ce n??est pas pour rien si Jean Macquart le survivant est le portrait le plus fade de tous les romans. C??est la fin de l??empire, et si Zola s??oublie de temps à autre à citer sa fameuse « dégénérescence de race », il nous garde toute la saveur de ce volet familial et héréditaire pour « Le docteur Pascal », qui termine la série où elle avait commencé, à Plassans.
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